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Lutèce : lettres sur la vie politique, artistique et sociale de la France
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LUTÈCE.

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cet Achille sest aussi retiré dans sa tente; il boude, Dieusait pourquoi ! et il a fait annoncer à la direction quil nefournirait pas les vingt-cinq opéras promis, parce quilavait lintention de se reposer. Quelle gasconnade ! Si unmoulin a vent disait de pareilles choses, nous ne ririonspas plus. Ou bien il a du vent et tourne, ou il na pasde vent et sarrête. Mais M. Donizetti a ici un cousin re-muant, signor Accursi, qui fait toujours du vent pourlui, et plus quil nen faut; car Donizetti est, comme jelai dit, le meilleur des compositeurs du jour.

La plus récente jouissance dart que lacadémie demusique nous a procurée, était le Lazzarone de Halévy.Cest lœuvre dun grand artiste, et je ne sais pas pour-quoi elle est tombée. M. Halévy est peut-être trop insou-ciant et ne cajole pas assez M. Alexandre, lentrepreneurdes succès et le grand ami de Meyerbeer.

Chaque fois quà lAcadémie royale de musique ouaux Bouffes arrive la chute dun opéra ou quelque autrelamentable fiasco, on y remarque une figure efflanquéeet ténébreuse, au visage pâle et aux cheveux noirscomme le plumage du corbeau, oiseau de mauvais au-gure, et cette lapparition présage toujours un sinistremusical. Les Italiens, dès quils sen aperçoivent, avancentrapidement lindex et le doigt du milieu, et disent quecest le Jettatore. Mais les frivoles Français, qui n ontpas même en musique une superstition, haussent seule-ment lépaule et nomment cette forme M. Spontini.

Cest en effet notre ancien directeur général du grand