contre Cousin. Seulement chez ce dernier l’extrêmedroite ne se laisse pas tromper par les précautions dulangage; le sacerdoce romain, catholique et apostoliquese montre ici bien plus sagace que ne l’était le sacer-doce prussien, royal et protestant; il sait parfaitementbien que la philosophie est son ennemie la plus dange-reuse, il sait que cette ennemie l’a expulsé de la Sor-bonne, et c’rst pour reconquérir cette forteresse qu’il aentrepris contre Cousin une guerre d’extermination,qu'il conduit avec la tactique sacrée où le but sanctifieles moyens. De la sorte, Cousin est attaqué de deux cô-tés opposés, et pendant que toute l’armée de la foimarche contre lui avec les bannières flottantes de lacroix et sous la conduite de l’évêque de Chartres, ilse voit assaillir aussi par les sans-culottes de la pensée,braves gens au cœur vaillant, mais à cervelle débile,avec Pierre Leroux à leur tête. Dans ce combat, tousnos vœux de victoire sont pour Cousin; car bien que leprivilège de l’université ait ses inconvénients, il em-pêche du moins que tout l’enseignement ne tombe entreles mains de ces personnes qui persécutèrent toujoursavec une cruauté inexorable les hommes de la scienceet du progrès. Tant que Cousin habitera la Sorbonne,nous n’y verrons du moins pas, comme autrefois, em-ployer le bûcher en guise de dernier argument, d 'ullimaratio, dans la polémique de l’endroit. Oui, il habite làen qualité de gonfalonnier de la liberté de penser, et labannière de cette liberté flotte sur le nid d’obscurants,
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Lutèce : lettres sur la vie politique, artistique et sociale de la France
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