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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
même ses pires détracteurs. Il accorda à son fils la libreculture de son intelligence, et celui-ci a sucé avec le lait ■de sa nourrice la philosophie du dix-huitième siècle.Aussi le refrain de toutes les complaintes légitimistesest-il que le roi actuel n’est pas assez dévot, qu’il a tou-jours été un esprit-fort libéral, et qu’il a même laisségrandir ses enfants dans l’impiété. En effet, ses fils sonttout à fait les fils de la nouvelle France, dont les collègespublics leur ont donné leur instruction. Le feu ducd’Orléans était l’orgueil de la jeune génération, qui étaitallée à l’école avec lui, et qui avait vraiment appris biendes choses. La circonstance que la mère du prince royalde France est une protestante, a une portée incalcu-lable. Le soupçon du cagotisme, qui est devenu si fatalà la dynastie aînée, n’atteindra pas les Orléans.
Le combat contre l’Église conservera néanmoins sagrande signification politique. Quelque épanouissementde floraison qu’ait pris dans le dernier temps la puissancedu clergé, quelque importance qu’ait gagnée sa positiondans l’État, quelque prospérité qu’il déploie, ses adver-saires sont cependant toujours armés et prêts à lui fairetête, et quand le libéralisme dans une alerte nocturneélève son fameux cri d’alarme, aussitôt, comme dansnos universités allemandes, les lumières paraissent àtoutes les fenêtres, et les jeunes et les vieux ferrailleursaccourent avec toute espèce de gourdins et de rapières,sinon avec les piques du jacobinisme. Le clergé veut,comme il l’a toujours voulu, arriver à l'hégémonie en
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