grands chiffres le capital destiné à couvrir les frais del’entreprise. Il monte toujours à quelque cinquante oucent et même à plusieurs centaines de millions defrancs; aussitôt que le temps limité pour la souscriptionsera révolu, on n’admettra plus de nouveaux souscrip-teurs; on annonce aussi que si la somme du capitallimité pour la société des actionnaires est atteinte avantle terme, personne n’obtiendra plus la permission desouscrire. On fait également parader en lettres colos-sales, au front du prospectus, les noms des personnesqui composent le comité de surveillance de la société ;ce sont non-seulement des noms de financiers, de ban-quiers, de receveurs généraux, de propriétaires d’usineset de fabricants, mais encore des noms de hauts fonc-tionnaires de l’État, des noms de princes, de ducs, demarquis et de comtes qui, pour la plupart, il est vrai,sont inconnus, mais qui sonnent magnifiquement avecleurs titres officiels et féodaux : on croit entendreles coups de trompette et de grosse caisse, avec les-quels Paillasse invite, sur le balcon d’une baraquede foire, l’honorable public à prendre sa place auspectacle. On ne paie qu’en entrant. Quel détenteur decapitaux n’aurait pas confiance en un tel comité desurveillance, qui n’entend cependant d’aucune façonpromettre une garantie solidaire, comme beaucoup debonnes gens se l’imaginent, et qui n’offre aucun solideappui, mais ne figure qu’en qualité de magnifiquescariatides. J’exprimai à un de mes amis mon étonne-
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Lutèce : lettres sur la vie politique, artistique et sociale de la France
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