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Lutèce : lettres sur la vie politique, artistique et sociale de la France
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ment de rema*quer parmi les membres d’un tel comitéde surveillance aussi des officiers de marine, et detrouver même sur la plupart des circulaires-prospectusdes noms d’amiraux imprimés en tête comme présidentsdes sociétés : que je voyais, par exemple, le nom del’amiral Rosamel sur un de ces prospectus, d’après lequelétaient même nommées toute une compagnie et jus-qu’aux soi-disant promesses d’actions émises par elle.Mon ami, qui aime beaucoup à rire, fut d’avis qu’unepareille adjonction d’officiers de marine était une très-fine mesure de précaution de la part des compagniesrespectives, pour le cas qu’elles vinssent à se trouverdans de fâcheuses collisions avec la justice, et qu’unjury honnête les condamnât aux galères; alors, dit-il,les membres de la compagnie auraient toujours prèsd’eux un amiral, circonstance qui leur serait d’unegrande utilité à Toulon ou à Brest, où il y a beaucoup àramer et à naviguer. Mon ami se trompe. Ces messieursn’ont point à redouter d’avoir à manier la rame à Toulonou à Brest ; non, la rame ou plutôt le gouvernail quitombera un jour entre leurs mains, et qui en partie leurest déjà dévolu, c’est le gouvernail du vaisseau qu’onnomme l’État. Cette aristocratie régnante de l’argentformera bientôt non-seulement le comité de surveillancede telle ou telle société de chemin de fer, mais le comitéde surveillance de toute notre société bourgeoise etindustrielle, et ce sont eux qui nous enverront à Toulonou à Brest pour ramer sur les galères du roi.