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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
derniers idolâtraient jadis le gland du chêne germa-nique et le café de gland, de même les vieux impéria-listes idolâtrent la gloire et le sucre de betterave. Maisle temps marche en avant rapidement, irrésistiblement,sur de fumantes locomotives à vapeur, et les héros usésdu passé, les vieilles jambes de bois des nationalitésrestreintes, ces invalides et incurables, nous les perdronsbientôt de vue.
L’ouverture des deux nouveaux chemins de fer, dontl’un conduit à Orléans et l’autre à Rouen, cause ici unecommotion que chacun partage, à moins de se trouverpar hasard placé sur un escabeau d’isolement social.Toute la population de Paris forme en ce moment, pourainsi dire, une chaîne où l’un communique à l’autre ladécharge électrique. Mais tandis que la masse du peupleregarde, stupéfaite et ahurie, la manifestation extérieuredes grandes forces de mouvement, le penseur solitaireest saisi d’un frémissement sinistre, tel que nous l’é-prouvons toujours quand il arrive un événement desplus prodigieux et des plus inouïs, dont les conséquencessont immenses et incalculables. Nous sentons seulementque notre existence est entraînée ou plutôt lancée dansde nouveaux orbites, que nous allons au-devant d’unenouvelle vie, de nouvelles joies et de nouvelles souf-frances, et l’inconnu exerce son charme mystérieux, àla fois attrayant et inquiétant. De pareils tressaillementsdoivent avoir agite nos pères alors que l’Amérique futdécouverte, que l’invention de la poudre à canon s’an-