LU TE CE.
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planches de Paris, comme il est arrivé à tant d’Alle-mands avant lui, qui avaient même l’avantage de pos-séder moins de talent que M. Kreutzer, et qui savaienten tout cas se mouvoir pius lestement sur le périlleuxsol parisien ! Quelles tristes expériences n’eut pas à faireM. Richard Wagner, qui, à latin, écoutant la voix de laraison et de l’estomac, abandonna prudemment le dan-gereux projet de prendre pied sur la scène française, ets’en retourna dans le pays des pommes de terre d’outre-Rhin ! Plus avantageusement équipé sous le rapport ma-tériel et industrieux est le vieux M. de Sauerqui, commeil prétend, compose un opéra sur la demande de la di-rection de l’Opéra-Comique. Le texte lui est fourni parM. Scribe, contre la garantie prêtée à ce dernier par unemaison de banque de Paris, qu’en cas d’une chute duvieux de Sauer, le célèbre fabricant de librettos recevraune somme considérable, à titre de dédit ou de dom-mages et intérêts. Il a raison, en effet, de se prémunir,vu que le vieux de Sauer n’est pas fort sur ses jambes,et qu’il souffre d’un mal dont il se plaint continuellementde la façon la plus lamentable, et qu’il appelle sa mélan-colique. Mais qui est le vieux de Sauer? Ce n’est sansdoute pas l’ancien vieux Dessauer qui, en sa qualité degénéral prussien, a gagné tant de lauriers danslaguerrede Sept Ans, et dont une marche qui porte son nom estdevenue si célèbre ; la statue qui fut élevée à sa mémoiredans le jardin du château royal de Berlin est tombée de-puis. Non, cher lecteur ! le de Sauer dont nous parlons