ŒUVRES DE HENRI HEINE.
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lugubre jeu de marionnettes, singerie convulsive ethideuse de la vie ; partout un étalage de passion d’em-prunt. Rien ne me répugne autant que cette passion deM. Hugo qui gesticule et se démène d’une façon sibouillante, qui brûle si magnifiquement au dehors, etqui au dedans est si piteusement sobre et glaciale. Cettepassion à froid, qui nous est servie dans des phrases siflamboyantes, me rappelle toujours les glaces frites queles Chinois savent si artistement apprêter en tenant depetits morceaux de glace enveloppés d’une couche très-mince de pâte quelques instants sur le feu : friandiseantithétique qu’il faut avaler précipitamment, et quivous brûle la lèvre et la langue en vous refoidissantl’estomac.
Mais la bourgeoisie régnante n’a pas seulement, pourle rachat de ses fautes, à endurer de vieilles tragédiesgreco-classiques et des trilogies de Burgraves, de l’en-nui triplé; non, les puissances célestes lui ont encoreinfligé une jouissance d’art bien plus horrible, celle dupiano-forte, auquel on ne peut plus maintenant échappernulle part, qu’on entend résonner dans toutes les mai-sons, en toute société, le jour et la nuit. Oui, piano-forteest le nom de l’instrument de torture par lequel le beaumonde de nos jours est tout particulièrement châtié pourtoutes ses usurpations. Si seulement l’innocent n’avaitpas à souffrir avec le coupable ! Ce sempiternel carillonsur le clavecin n’est plus à supporter! (Hélas! mes voi-sines d’appartement, de jeunes fdles d’Albion, jouent