Cette alliance s’est accomplie de la façon la plus simpleparce qu’elle était dans la nature des choses ; les deuxpartis se ressemblent au fond, bien que les chartistesse présentent volontiers en public avec un programmedéterminé, comme parti purement politique, tandis queles ouvriers des fabriques, comme je l’ai déjà dit,ne sontque de pauvres journaliers à qui la faim permet à peinede proférer une parole, et qui, indifférents pour touteforme de gouvernement, ne demandent que leur painde chaque jour. Mais le manifeste d’un parti exprimerarement la pensée intime de son cœur, ce n’est qu’unschiboleth extérieur, pour ainsi dire sa cocarde par-lante; le chartiste qui prétend se borner à la questionpolitique nourrit dans son âme des désirs qui s’ac-cordent parfaitement avec les sentiments les plus vaguesde ces artisans affamés, et ces derniers peuvent tou-jours prendre le programme des chartistes pour leurcri de guerre, sans cesser de poursuivre leur véritablebut ; car les chartistes demandent : premièrement quele parlement ne consiste qu’en une seule Chambre etsoit recomposé chaque année par des élections nou-velles; ensuite que l’indépendance des électeurs soitassurée par le suffrage secret; enfin que chaque Anglaisde naissance, ayant atteint sa majorité, soit électeur etéligible. Cela ne nous donnera pas encore à manger,disent les travailleurs nécessiteux, l’homme n’est pasplus rassasié par des codes de lois que par des livresde cuisine; nous avons faim. «Attendez seulement,
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Lutèce : lettres sur la vie politique, artistique et sociale de la France
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