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Lutèce : lettres sur la vie politique, artistique et sociale de la France
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LCTÈCE.

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traire, les expressions dont se servait la cohue des com-munistes étaient les lieux communs les plus plats et lesplus rebattus. Mais la puissance de leur propagandeconsiste moins en un prospectus bien formulé deplaintes précises et d’exigences déterminées, que dansle ton profondément souffreteux et involontairementattendrissant dont ils expriment les choses les plusbanales, par exemple : « Nous sommes tous frères, etc.»Le ton de la voix et peut-être aussi une secrète poignéede main forment alors le commentaire de ces paroles,et leur prêtent une signification d’une puissance formi-dable. En général, il existe une grande analogie de vueset de moyens entre les communistes français et lestravailleurs des manufactures anglaises, seulement leFrançais est plutôt poussé par une idée, l’Anglais aucontraire l’est exclusivement par la faim.

La révolte en Angleterre est apaisée pour l’instant,mais seulement pour l’instant; elle n’est qu’ajournée,elle éclatera de nouveau avec une force d’autant plusdangereuse qu’elle peut toujours attendre le moment leplus favorable. Beaucoup d’indices nous font recon-naître que la résistance chez les ouvriers des fabriquesest maintenant organisée d’une manière aussi pratiqueque l’était autrefois la résistance des catholiques irlan-dais. Les cliartistes ont su associer à leurs intérêts etdiscipliner en quelque sorte cette force menaçante, etleur alliance avec les travailleurs mécontents est peut-être l’événement le plus important de l’époque actuelle.