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Lutèce : lettres sur la vie politique, artistique et sociale de la France
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LUTECE.

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répondent les chartistes, jusqu’ici il n’y avait dans leparlement que les riches, et ceux-ci ne prenaient soinque des intérêts de leurs propres possessions; mais parla nouvelle loi électorale, par la charte, les artisans ouleurs mandataires entreront aussi dans le parlement, etalors il sera indubitablement démontré que le travailpeut, aussi bien que toute autre possession, réclamer undroit de propriété, et que le maître d’une fabrique nepeut pas plus avoir la permission de diminuer arbitrai-rement le salaire de l’ouvrier, qu’il ne lui est permis depréjudicier à la fortune mobilière ou immobilière de sonvoisin. Le travail est la propriété du peuple, et les droitsde propriété qui résultent de ce principe seront sanc-tionnés et protégés par le parlement régénéré. » Un pasde plus, et ces gens diront que le travail est le droit dupeuple; et comme ce droit aurait pour conséquencenaturelle le droit à un salaire dont le taux ne pourraitêtre débattu par le patron, le chartisme conduit, sinonà la communauté des biens, au moins à l’ébranlementde l’ancienne idée de propriété, cette colonne fonda-mentale de la société actuelle. Ces commencementschartistes contiendraient donc dans leur développementconséquent une révolution sociale, en comparaison delaquelle la révolution française paraîtrait on ne peutplus bénigne et modeste.

Ici se révèle de nouveau l’hypocrisie et le sens pratiquedes Anglais, dont le caractère diffère aussi sous ce rap-port de celui des Français : les chartistes cachent leur