faudra quelquefois diriger nos regards de ce côté dudétroit et observer, outre le caractère personnel desgouvernants, la misère menaçante des basses classes.Cette misère croissante est un vice chronique et mêmeorganique que les opérateurs ignorants espèrent guérirpar des saignées ; mais le sang répandu ne fera qu’em-pirer le mal. Ce n’est pas par un traitement extérieuravec la lancette, avec le fer, mais seulement par uneapplication intérieure de médicaments spirituels, que lecorps d’État souffrant de la Grande-Bretagne peut êtreramené à la santé. Des idées sociales peuvent seules iciconjurer une catastrophe fatale; mais, pour parler avecSaint-Simon, sur tous les chantiers de l’Angleterre il n’ypas une seule grande idée: rien que des machines àvapeur et la faim. Pour le moment, à la vérité, la révolteest comprimée, mais par suite d’explosions réitéréesnous pourrions bien voir les ouvriers des fabriques an-glaises, qui ne savent travailler que le coton et la laineet même le fer, en venir à s’essayer aussi un peu dansune branche moins pacifique, c’est-à-dire à s’approprierles connaissances qui sont nécessaires non pour forgerle fer mais pour s’en servir ; et avec quelque exerciceils finiront par manier ces instruments de fer aussi cou-rageusement que leurs collègues, leurs frères dans lasouffrance, les ouvriers de Lyon et de Paris ; et alors ilpourrait bien arriver que le vainqueur de Napoléon, legénéralissime mylord Wellington, qui est rentré actuel-lement dans sa charge de constable suprême, trouvât
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