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d'une manière touchante combien ils prennent pari àson malheur domestique. J’oserais soutenir que le roi estprésentement redevenu populaire. Lorsque je regardaishier devant Notre-Dame les préparatifs des funérailles,et que j’écoutais la conversation des bourgerons qui yétaient rassemblés, j’entendis entre autres cette expres-sion naïve : «Le roi peut maintenant se promener dansParis sans crainte, personne ne tirera sur lui.» (Quellepopularité ! ) La mort du duc d’Orléans, qui était aiméde tout le monde, a regagné à son père les cœursles plus revêches, et l’union conjugale entre le roi et lepeuple a été de nouveau bénie par un malheur commun.Mais combien durera cette noire lune de miel ?
L
Paris, 17 septembre 1842.
Depuis hier je suis de retour à Paris d’un voyage dequatre semaines, et j’avoue que mon cœur jubilait dansma poitrine lorsque la diligence roulait sur le pavé chérides boulevards, que je passais devant le premier maga-sin de modes, devant les souriants minois de grisettes,et que j’entendais le carillon des marchands de coco,et que je respirais de nouveau l’air délicieux et civiliséde Paris. J’étais presque ravi en extase, et j’aurais puembrasser le premier garde national que je rencontrai ;sa bonne grosse figure rayonnait si spirituellement sous