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ŒUVRES RE HENRI HEINE.
plus tard, à l’âge mûr, la réflexion et la considération
des conséquences retient les peuples comme les individus
«
des actions précipitées, et c’est seulement sous l’impul-sion d’un besoin extérieur, non pas de gaieté de cœur,que ces peuples virils se lancent dans l’arène de l’iiistoireuniverselle. Mais les Français gardent toujours l’étour-derie de la jeunesse, et quoi qu’ils aient fait et soufferthier, ils n’y pensent plus aujourd'hui, le passé s’effacedans leur mémoire, et le jour nouveau les pousse à denouvelles actions et à de nouvelles souffrances. Us neveulent pas vieillir, et ils croient peut-être se conserverla jeunesse elle-même, en ne se départant pas de la lé-gèreté, de l’insouciance et de la générosité juvéniles!Oui, la générosité, une bonté non-seulement juvéline,mais même puérile dans le pardon des offenses, formeun trait fondamental dans le caractère des Français;mais je ne puis m’empêcher d’ajouter que cette vertuémane de la même source que leurs défauts, le manquede mémoire. L’idée de « pardonner » répond en effetchez ce peuple au mot «oublier», oublier les offenses.S’il n’en était pas ainsi, il y aurait journellement desmeurtres et des assassinats à Paris, où à chaque pas serencontrent des hommes qui ont entre eux quelque griefsanglant.
La bonté de cœur qui caractérise les Français, semanifeste en cet instant tout particulièrement à l’égardde Louis-Philippe; et ses ennemis les plus acharnésdans le peuple, à l’exception des Carlistes, prouvent