LUTECE.
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Encore moins suis-je tenté d’approlbndir les raisons desa disgrâce. L’air distingué, élégant, réservé et patriciendu prince est peut-être le principal grief qu’on a contrelui. L’extérieur du duc d’Orléans était noble, celui duduc de Nemours est nobiliaire. Et quand même sonextérieur répondrait à son caractère, le prince n’en seraitpas moins capable de rendre pendant quelque temps,comme gonfalonier de la démocratie, les meilleurs ser-vices à cette dernière, attendu que cette charge exigeraitde lui, par la force des choses , la plus grande abnéga-tion de ses sentiments privés : car sa tête détestée etsuspecte serait toujours exposée aux soupçons les plusodieux. Je suis même persuadé que les intérêts de ladémocratie sont bien moins mis en péril par un régenthaï, en qui l’on se fie peu, et que l’on contrôle sansrelâche, que par un de ces favoris du peuple, auxquelson s’abandonne avec une prédilection aveugle, et qui aubout du compte ne sont que des hommes, des créaturesinconstantes, soumises à toutes les lois de changementque le temps impose à la nature humaine. Que deprinces, héritiers présomptifs de la couronne, qui jouis-saient d’une brillante popularité, n’avons-nous pas vustomber à la fin dans la désaffection la plus violente!Quelle horrible variabilité le peuple n’a-t-il pas témoignéeà l’égard de ses anciens favoris ! L’histoire française estparticulièrement riche en exemples de cette nature.Avec quels cris d’allégresse le peuple entourait le jeuneLouis XIV! —• Avec une ..oideur glaciale et sans la