Druckschrift 
Lutèce : lettres sur la vie politique, artistique et sociale de la France
Entstehung
Seite
267
Einzelbild herunterladen
 

LUTECE.

207

Encore moins suis-je tenté dapprolbndir les raisons desa disgrâce. Lair distingué, élégant, réservé et patriciendu prince est peut-être le principal grief quon a contrelui. Lextérieur du duc dOrléans était noble, celui duduc de Nemours est nobiliaire. Et quand même sonextérieur répondrait à son caractère, le prince nen seraitpas moins capable de rendre pendant quelque temps,comme gonfalonier de la démocratie, les meilleurs ser-vices à cette dernière, attendu que cette charge exigeraitde lui, par la force des choses , la plus grande abnéga-tion de ses sentiments privés : car sa tête détestée etsuspecte serait toujours exposée aux soupçons les plusodieux. Je suis même persuadé que les intérêts de ladémocratie sont bien moins mis en péril par un régenthaï, en qui lon se fie peu, et que lon contrôle sansrelâche, que par un de ces favoris du peuple, auxquelson sabandonne avec une prédilection aveugle, et qui aubout du compte ne sont que des hommes, des créaturesinconstantes, soumises à toutes les lois de changementque le temps impose à la nature humaine. Que deprinces, héritiers présomptifs de la couronne, qui jouis-saient dune brillante popularité, navons-nous pas vustomber à la fin dans la désaffection la plus violente!Quelle horrible variabilité le peuple na-t-il pas témoignéeà légard de ses anciens favoris ! Lhistoire française estparticulièrement riche en exemples de cette nature.Avec quels cris dallégresse le peuple entourait le jeuneLouis XIV! Avec une ..oideur glaciale et sans la