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fermenter, l’amour d’un prince ait pu jeter de si pro-fondes racines et se manifester d’une façon aussi tou-chante. Non-seulement la bourgeoisie qui plaçait toutesses espérances dans le jeune prince, mais aussi lesclasses inférieures du peuple regrettent sa perte. Lors-qu’on ajourna les fêtes de Juillet, et qu’on démonta surla place de la Concorde les grands échafaudages quidevaient servir à l’illumination, ce fut un spectacle dé-chirant que de voir, assis sur les poutres et les planchesrenversées, le peuple qui déplorait la mort du jeuneprince. Une morne tristesse était empreinte sur tous lesvisages, et la douleur de ceux qui ne prononçaientaucune parole était la plus éloquente. Là, coulaient leslarmes les plus sincères, et parmi les braves gens quipleuraient, il y avait sans doute plus d’une tête chaudequi à l’estaminet se vante de son républicanisme.
Mais pour la France la fin prématurée du jeune princeest un malheur réel ; et eût-il même possédé moins devertus qu’on ne lui en reconnaît après sa mort, lesFrançais auraient encore assez de sujets pour pleurer,en songeant à l’avenir. La question de la régence occupedéjà toutes les têtes, et chose fâcheuse ! non pas exclu-sivement les bonnes. On met déjà bien du non-sens surle tapis. L’astuce sait aussi fomenter une confusiond’idées qu’elle se promet d’exploiter au profit de sesintérêts de parti. Le duc de Nemours jouit-il en effet dela très-haute disgrâce du peuple souverain, comme onle soutient avec un zèle excessif? Je n’en veux pas juger.