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Lutèce : lettres sur la vie politique, artistique et sociale de la France
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(EUVUES I)E 11ENRI IIEIN'E.

fermenter, lamour dun prince ait pu jeter de si pro-fondes racines et se manifester dune façon aussi tou-chante. Non-seulement la bourgeoisie qui plaçait toutesses espérances dans le jeune prince, mais aussi lesclasses inférieures du peuple regrettent sa perte. Lors-quon ajourna les fêtes de Juillet, et quon démonta surla place de la Concorde les grands échafaudages quidevaient servir à lillumination, ce fut un spectacle dé-chirant que de voir, assis sur les poutres et les planchesrenversées, le peuple qui déplorait la mort du jeuneprince. Une morne tristesse était empreinte sur tous lesvisages, et la douleur de ceux qui ne prononçaientaucune parole était la plus éloquente., coulaient leslarmes les plus sincères, et parmi les braves gens quipleuraient, il y avait sans doute plus dune tête chaudequi à lestaminet se vante de son républicanisme.

Mais pour la France la fin prématurée du jeune princeest un malheur réel ; et eût-il même possédé moins devertus quon ne lui en reconnaît après sa mort, lesFrançais auraient encore assez de sujets pour pleurer,en songeant à lavenir. La question de la régence occupedéjà toutes les têtes, et chose fâcheuse ! non pas exclu-sivement les bonnes. On met déjà bien du non-sens surle tapis. Lastuce sait aussi fomenter une confusiondidées quelle se promet dexploiter au profit de sesintérêts de parti. Le duc de Nemours jouit-il en effet dela très-haute disgrâce du peuple souverain, comme onle soutient avec un zèle excessif? Je nen veux pas juger.