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moindre émotion il le vit enterrer comme vieillard.Louis XV était nommé à bon titre « le bien-aimé », etavec une véritable tendresse de singes les Français luirendaient hommage au commencement de son règne ;lorsqu’il mourut on éclata d’un fou rire et on se mit àsiffler des couplets outrageants : on se réjouissait de samort. Le sort de son successeur Louis XVI fut plus fatalencore, et lui qui était presque adoré comme princehéritier de la couronne, et qui à son début passait pourle modèle de toutes les perfections, il fut personnellementmaltraité de son peuple, et le fil de sa vie fut même coupéde la manière la plus irrévérencieuse sur la place de laConcorde par les infâmes ciseaux que vous savez. Quelcrime de lèse-majesté ! Le dernier roi de cette lignée,Charles X, n’était rien moins qu’impopulaire lorsqu’ilmonta sur le trône, et le peuple le salua à cette occasionavec un enthousiasme inexprimable; quelques annéesplus tard il fut conduit sous bonne escorte à la frontièredu pays, et il mourut dans la désolation de l’exil. Lefameux mot de Solon qu’on ne saurait nommer personneheureux avant sa mort, est surtout d’une vérité frap-pante à propos des rois de France. Ne pleurons doncpas la mort du duc d’Orléans pour la raison qu’il étaittant chéri du peuple, et qu’il lui promettait un si belavenir, mais parce qu’en tant qu’homme il méritait noslarmes. Ne nous lamentons pas trop non plus sur la ma-nière appelée peu glorieuse de sa fin, sur le hasard banalqui l’a amenée. Il vaut mieux qu’il se soit fracassé la