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Lutèce : lettres sur la vie politique, artistique et sociale de la France
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2(58 ŒUVRES UE HENRI IIEINE.

moindre émotion il le vit enterrer comme vieillard.Louis XV était nommé à bon titre « le bien-aimé », etavec une véritable tendresse de singes les Français luirendaient hommage au commencement de son règne ;lorsquil mourut on éclata dun fou rire et on se mit àsiffler des couplets outrageants : on se réjouissait de samort. Le sort de son successeur Louis XVI fut plus fatalencore, et lui qui était presque adoré comme princehéritier de la couronne, et qui à son début passait pourle modèle de toutes les perfections, il fut personnellementmaltraité de son peuple, et le fil de sa vie fut même coupéde la manière la plus irrévérencieuse sur la place de laConcorde par les infâmes ciseaux que vous savez. Quelcrime de lèse-majesté ! Le dernier roi de cette lignée,Charles X, nétait rien moins quimpopulaire lorsquilmonta sur le trône, et le peuple le salua à cette occasionavec un enthousiasme inexprimable; quelques annéesplus tard il fut conduit sous bonne escorte à la frontièredu pays, et il mourut dans la désolation de lexil. Lefameux mot de Solon quon ne saurait nommer personneheureux avant sa mort, est surtout dune vérité frap-pante à propos des rois de France. Ne pleurons doncpas la mort du duc dOrléans pour la raison quil étaittant chéri du peuple, et quil lui promettait un si belavenir, mais parce quen tant quhomme il méritait noslarmes. Ne nous lamentons pas trop non plus sur la ma-nière appelée peu glorieuse de sa fin, sur le hasard banalqui la amenée. Il vaut mieux quil se soit fracassé la