LU TE CK.
247
respirent le christianisme le plus spiritualisé et le plusidéal, et que leurs auteurs n’étaient certainement pasmoins imbus de foi que les maîtres célèbres de nos joursqui ont embrassé à Rome le catholicisme afin de pouvoirpeindre ses symboles sacrés avec une ferveur et une spon-tanéité ingénue que donne, selon leur idée, seulementl’extase de la foi. Le véritable caractère de l’art chrétieniie réside pas dans la maigreur et la pâleur du corps,mais dans une certaine effervescence de l’âme que lemusicien, non plus que le peintre, ne saurait s’appro-prier ni par le baptême ni par l’étude -, et, sous ce rap-port, je trouve au Stabcit de Rossini un caractère chré-tien plus véritable qu’au Paulus de Félix Mendelsohn-Bartholdy, oratorio que les adversaires de Rossinipréconisent comme un modèle du genre chrétien.
Le ciel me préserve de vouloir exprimer par là unblâme contre un maître aussi rempli de mérites que lecompositeur du Paulus, et l’auteur de ces lettres songeramoins que tout autre à vouloir critiquer le caractèrechrétien de l’oratorio en question, par des raisons cléri-cales, ou pour ainsi dire pharisiennes. Je ne puis pour-tant pas me dispenser d’indiquer qu’à l’âge où M. Men-delsohn commença le christianisme à Berlin (il n’a étébaptisé que dans sa treizième année), Rossini l’avait déjàquelque peu déserté et s’était abîmé entièrement dans lamusique mondaine des opéras. Maintenant qu’il a de nou-veau abandonné celle-ci pour se reporter en rêve dans lessouvenirs catholiques de sa première jeunesse, dans les