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Lutèce : lettres sur la vie politique, artistique et sociale de la France
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246
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ŒUVRE

SR i.KNÎlt HEINE.

2-ÎO

las gracieux jeux dune tendresse humaine et cest ceque fit aussi signor Joachimo Rossini, en composant sonStabat Mater.

Cette dernière pièce de musique , le Stabat de Ros-sini, fut le grand événement de la saison passée; la dis-cussion de ce chef-dœuvre est toujours à lordre dujour, et justement les reproches quau point de vue delAllemagne septentrionale on élève contre le grandmaestro, attestent dune manière frappante loriginalitéet la profondeur de son génie. « Lexécution est tropmondaine, trop sensuelle, trop folâtre pour ce sujetidéal, elle est trop légère, trop agréable, trop amu-sante. » Telles sont les plaintes chagrines de quel-ques aristarques lourds et ennuyeux qui, sils ne feignentpas à dessein une spiritualité outrée, se sont du moinsapproprié par des études stériles, des notions très-bor-nées et très-erronées de la musique sacrée. Commechez les peintres , il règne aussi chez les musiciens uneidée toute fausse sur la manière de traiter les sujets re-ligieux. Les peintres pensent que les sujets vraimentchrétiens doivent être représentés avec des contourssubtils et exigus, et sous des formes aussi étiolées etaussi décolorées que possible; les dessins dOverbechsont leur prototype à cet égard. Pour contredire cetaveuglement par un fait, je rappelle ici les tableaux dosaints de 1 école espagnole; domine lampleur descontours et la vivacité de la couleur, et cependant per-sonne ne disconviendra que ces peintures espagnoles