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ŒUVRES DE HENRI IIEINE.
temps où il chantait comme enfant de chœur dans la ba-silique de Pesaro, et où il prenait part comme acolyte àl’office de la sainte messe — maintenant que les ancienssons de l’orgue ont de nouveau résonné dans sa mé-moire et lui ont fait saisir la plume pour écrire unStabat; il n’a certes pas eu besoin de construire d’abordscientifiquement le génie du christianisme, et encoremoins de copier en esclave les œuvres de Haendel ou deSébastien Bach; il lui a suffi de ranimer dans son âmeles accents qui y vivaient dans sa plus tendre enfance;et, chose remarquable ! quelque sérieux et douloureuse-ment profond que soit le ton dont ces accents sacrésretentissent, quelle que soit la véhémence avec laquelleils gémissent et saignent en exprimant les sentiments lesplus violents et les plus passionnés, ils ont cependantgardé quelque chose d’enfantin, et ils m’ont rappelé lareprésentation de la Passion par des enfants que j’avaisvue à Cette. Oui, je me suis rappelé involontairementcette pieuse petite mascarade, lorsque j’assistai pourla première fois à l’exécution du Stabat de Rossini :l’immense et sublime martyre du Rédempteur y étaitreprésenté, mais dans les plus naïfs accents de jeu-nesse; les navrantes plaintes de la Mater dolorosas’exhalaient, mais comme du gosier d’innocentes petitesfillettes; à côté des crêpes noirs du deuil le plus poi-gnant hruissaient les ailes de tous les Amours de lagrâce; les horreurs du supplice de la croix étaientadoucies comme par les jeux folâtres des bergers, et
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