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ici, h Paris, dans un grand isolement, dans un isolementpresque comique, au beau milieu d’édifices d’une archi-tecture théâtrale et toute moderne, flanqué de sculpturesrococo, de fontaines aux naïades dorées, de statues allé-goriques figurant les fleuves français et renfermant dansleur piédestal une loge de portier; et là, il est placé aupoint central entre l’arc de triomphe de l’Étoile, lepalais des Tuileries et la Chambre des députés,— à peuprès comme le doctrinaire Guizot avec sa mine sacer-dotale, avec sa raideur et sa taciturnité égyptiennes, setrouve placé entre ses collègues, notamment Soult,troupier illettré et peu artiste, mais grand amateur deMurillos qui ne coûtent rien ; puis Humann, bourgeoisindustriel à la tête bourrée de chiffres mercantiles ; etenfin Villemain, rhéteur ignare, frivole bel esprit quis’est un peu frotté à la poussière des Pères de l’Églisepour se donner une certaine odeur d’érudit religieux,mais qui n’en sent pas moins à dix pas de distance sonvoltairianisme renié.
Mais laissons de côté Guizot, et ne nous entretenonsque de l’obélisque : il est parfaitement vrai qu’on parlede sa chute prochaine. On dit que sous les silencieusesardeurs du soleil de sa patrie, dans la paix et la solitudequi régnent aux bords du Nil, il aurait pu rester deboutencore bien des siècles, mais qu’ici, à Paris, il est agitépar les continuelles variations de température, par l’at-mosphère fiévreuse, anarchique et destructive, par lepetit vent humide et froid qui souffle sans cesse et qui