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Lutèce : lettres sur la vie politique, artistique et sociale de la France
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Œ U Vil ES IlE HENRI HEINE.

posés, les figures sont péniblement rassemblées, placéeslune à côté de lautre, se gênant réciproquement plutôtquelles ne se complètent, et cest seulement par lacouleur que tout ce qui était disparate fut harmonisé etque ce tableau a reçu une apparence dunité. Dans lagravure, la couleur, lassimilation bigarrée, est ab-sente, les parties réunies extérieurement se séparent denouveau par un effet tout naturel ; il ne reste quun ou-vrage dune exécution pénible et embarrassée, et quimanque densemble. Cest un signe de la grandeur deRaphaël, me dit dernièrement un de mes amis, que sestableaux ne perdent rien de leur harmonie en passantpar la gravure. Oui, jusque dans leurs imitations lesplus chétives, dépouillés de tout coloris et même detoute nuance de lumière et dombre, dans leurs contoursnus, les œuvres de Raphaël gardent cette puissanceharmonieuse qui émeut notre âme. Cela vient de cequelles sont des révélations véritables, des révélationsdu génie qui, de même que la nature, offre la perfec-tion déjà dans les simples traits extérieurs.

Je résume mon jugement sur les Pêcheurs de Robert :ils sont dépourvus dunité, et les détails seuls, notam-ment la jeune femme avec lenfant malade, méritent lesplus grands éloges. A lappui de mon sentiment, jinvo-querai lesquisse dans laquelle Robert a pour ainsi direexprimé sa première pensée :, dans la conception pri-mitive, règne cette harmonie qui fait défaut au tableauexécuté, et en la comparant à celui-ci, on saperçoit, à