lement remarquer ehez lui les vestiges d’une luttepénible avec le sujet donné qu’il n’a pu dompter quepar les efforts les plus désespérés. Tous les tableauxde Robert sont beaux et fermes, mais la plupart neportent pas le cachet de la liberté, on n’y reconnaît pasle souffle d’un esprit primesautier : ils sont composés.Robert possédait un certain sentiment de la grandeurdu génie, et cependant son talent était renfermé dansun cadre étroit. A en juger d’après le caractère de sesproductions, on croirait qu’il a été enthousiaste deRaphaël Sanzio d’Urbino, l’ange idéal de la beauté —Mais, comme l’assurent ses amis intimes, c’est plutôtMichel-Angelo Buonarotti, l’audacieux Titan, le fou-gueux dieu-tonnant du Jugement dernier qu’il adoraitet qu’il idolâtrait. La véritable raison de sa mort futl’amer dépit du peintre de genre soupirant en vainaprès le bonheur de faire de la grande peinture d’his-toire. Léopold Robert mourut d’une lacune dans sesforces d’exécution.
La gravure des Pêcheurs, que MM. Goupil et Rittneront exposée maintenant, est excellente sous le rapporttechnique : un vrai chef-d’œuvre, bien plus parfait quel’estampe des Moissonneurs qui avait peut-être été exé-cutée trop à la hâte. Le tableau des Pêcheurs, il faut ledire, manque du caractère d’originalité que nous trouvonsdans les Moissonneurs, et qui résulta sans doute de ceque ce chef-d’œuvre a eu sa source dans une totalité deconception. Les Pêcheurs, au contraire, sont trop corn-