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ŒtVIlES DE HENRI HEINE.
sa mère; c’est elle qui nourrissait son talent et lui révé-lait toutes ses magnificences, aussi l’aimait-il bien plus,soit dit en passant, que la tradition des maîtres: cen’est donc pas non plus une déviation du chemin de lanature , une propension extatique à s’enfoncer dans ladouce démence de l’art, une ardeur sinistre pour lesjouissances du monde des rêves, qui attira cet excellentpeintre et brave homme dans l’abîme de la mort. Sesfinances étaient également bien en règle, il était honoré,admiré et même bien portant. Qu’était-ce donc? Ici àParis, le bruit courut, pendant quelque temps, qu’unamour malheureux pour une grande dame de Rome,fille d’un grand peintre, avait causé son suicide. Je nepuis y croire. Robert avait alors trente-huit ans, et à cetâge les explosions de la grande passion sont terribles àla vérité, mais on ne se tue pas comme dans la pre-mière jeunesse, dans la période peu virile du pauvreWerther.
Ce qui poussa Robert à quitter la vie, ce fut peut-êtrela plus horrible de toutes les douleurs, celle où l’artistedécouvre la disproportion qui existe entre ses désirs decréation et ses forces d’exécution : cette conscience dumanque de puissance est déjà presque la mort, et lamain ne fait plus qu’aider pour abréger l’agonie. Quel-que vigoureuses et admirables que soient les peinturesde Robert, elles ne sont cependant à coup sûr que lespâles ombres de ces florissantes beautés de la naturequi planaient devant son âme, et un œil exercé peut faci-