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Lutèce : lettres sur la vie politique, artistique et sociale de la France
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LUTÈCE.

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cotte toile, M. Paturlc, prit la louable résolution d’enfaire une exposition à part au bénéfice des pauvres. Lemaire du deuxième arrondissement prêta un local à ceteffet, et la recette s’éleva, si je ne me trompe, à plus de10,000 francs. (Puissent les œuvres de tous les amis dupeuple produire, après leur mort, des résultats aussipratiques ! ) Je me souviens qu’en montant l’escalier dela mairie pour arriver à la pièce de l’exposition, je lussur une porte latérale l’inscription : Bureau des décès.Dans la salle, je trouvai un grand nombre de personnesrassemblées devant le tableau, mais aucune d’elles neparlait, il y régnait un silence inquiet et mornç, commesi le corps ensanglanté du peintre mort gisait derrière latoile. Quel est le motif pourquoi il se donna la mort desa propre main, violant ainsi les lois de la religion, de lamorale et de la nature, lois sacrées auxquelles Ptobert,durant toute sa vie, avait voué l’obéissance d’un enfant?Oui, élevé dans la rigidité du protestantisme suisse, ilresta inébranlablement fidèle à la croyance de ses pères,et il n’y avait en lui aucune trace de scepticisme reli-gieux et encore moins d’indifférentisme. Il a de mêmeété toujours consciencieux dans l’accomplissement deses devoirs civiques, il était bon fils, scrupuleusementéconome, payant ses dettes, satisfaisant à toutes lesprescriptions de la bienséance, brossant avec soin sonhabit et son chapeau, et il ne peut non plus, en aucunefaçon, être soupçonné d’immoralité. Il était de touteson âme attaché à la nature comme l’enfant au sein de