LUTECE.
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si rêveur et si ironique, d’une volupté si élégante etd’une joie si funèbre et si sinistre, que nous ensommes saisis de frissons et subjugués, nous ne savonscomment.
Mais de même que nous abandonnons pour aujour-d’hui la politique aux hâbleurs de profession, de mêmenous abandonnons aux historiographes patentés l’exa-men spécial de la question jusqu’à quel point notretemps est analogue au temps de la renaissance ; et envrais flâneurs, nous nous arrêterons sur le boulevardMontmartre devant une estampe que MM. Goupil etHittner y ont exposée, et qui attire tous les regards ; c’esten quelque sorte le lion des gravures de la saison. Ellemérite vraiment l’attention publique : car le sujet qu’ellereprésente, s’appelle les Pêcheurs de Léopold Robert.Depuis bien longtemps on attendait cette estampe, etc’est un précieux cadeau de nouvelle année pour lamasse du public, qui n’a pas vu le tableau original. Jem’abstiens de toute description détaillée de l’œuvre,parce qu’elle sera sous peu aussi généralement connueque les Moissonneurs du même artiste, dont elle estl’ingénieux pendant. Tandis que ce tableau qui a déjàtant de renom, représente une campagne inondée parun soleil d’été et que traversent, comme sur un charde triomphe, des campagnards romains rentrant lesrichesses dorées de leur récolte, nous voyons sur la der-nière toile de Robert, par un contraste des plus frap-pants, le petit port hivernal de Chioggia, et de pauvres