rit et enchante! C’est une vie animée, exprimée dans del’or, de l’argent, du bronze et des pierreries, dans toutessortes de formes, surtout dans les formes du temps dela renaissance, dont l’imitation est dans ce moment lamode régnante. D’où vient cet engouement pour letemps de ia renaissance, qu’on serait en droit d’appelerle temps de la résurrection, le temps où le monde anti-que sortit du tombeau, avec tous ses splendides enchan-tements, dont il voulait embellir les dernières heures dumoyen âge ? Notre époque actuelle se sent-elle de l’affi-nité avec cette autre période qui, languissant commenous après une nouvelle boisson vivifiante, chercha dansle passé une fontaine de Jouvence? Je ne sais. Mais letemps de François I er et de ses contemporains du mêmegoût exerce sur notre cœur un charme presque effrayant,comme le souvenir d’une vie secrète que nous aurionstraversée en songe ; et puis, il y a quelque chose de ma-gique, de singulièrement hardi, de mystérieusementoriginal, dans la manière dont cette époque a su tra-vailler et absorber en elle l’antiquité retrouvée. Là, nous%
ne voyons pas, comme dans l'école de David, une imi-tation sèche et académique de la plastique grecque,mais une coulante et harmonieuse identification du gé-nie antique avec le spiritualisme chrétien. Les formesde l’art et de la vie, qui ont dû leur existence aventu-reuse à l’union de ces deux éléments tout à fait hété-rogènes, portent l’empreinte d’un esprit si mélanco-lique et si doux, d’un baiser de réconciliation à la fois