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moire une observation profonde que Mignet laissa tom-ber en peu de mots, et qui est pourtant féconde en idéesimportantes. II fit observer combien il est avantageuxque le nouveau Code français ait été composé par deshommes sortis depuis peu des tourmentes du plus grandbouleversement social, et qui par conséquent avaientappris à connaître profondément les passions humaineset les besoins de notre époque. Oui, si nous considéronscette circonstance, il nous semble qu’elle favorise essen-tiellement la législation française actuelle, et qu’elledonne une valeur extraordinaire au Code Napoléon etaux commentaires qui l’accompagnent; car ces livresde droit n’ont pas été, comme d’autres, confectionnéspar des casuistes au cœur froid et oisif, mais par cesardents sauveurs de l’humanité, qui avaient vu toutesles passions dans leur nudité, et qui furent initiés parles faits dans les douleurs de toutes les questions de lavie nouvelle. Quant à la vocation de notre temps pourla législation, l’école philosophique de l’Allemagne s’enfait des idées aussi fausses que l’école historique; lapremière est morte, et la seconde n’a pas encore vécu.
Le discours par lequel Victor Cousin ouvrit samedidernier la séance de l’Académie, était animé d’un espritde liberté, que nous reconnaîtrons toujours en lui avecbeaucoup de joie. Il a d’ailleurs été tellement combléde louanges dans la Gazette cl’Augsbourg, par un denos collègues, que pour le moment il pourrait bien enavoir assez. Nous mentionnerons seulement que l’homme