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Lutèce : lettres sur la vie politique, artistique et sociale de la France
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que nous ne chérissions pas autrefois d’une façon touteparticulière, a su, dans le dernier temps, sinon nousinspirer une véritable affection, du moins se faire bienmieux apprécier de nous. Pauvre Cousin ! nous t’avonsautrefois bien mal traité, toi qui fus toujours si bon pourmes compatriotes allemands. Chose singulière ! juste-ment à l’époque où le fidèle disciple de l’école alle-mande, l’ami de Hegel et de Schelling, notre VictorCousin, était ministre en France, nous vîmes éclater enAllemagne cette fureur aveugle et ignoble contre lesFrançais, qui maintenant disparaît peu à peu, et quisera un jour tout à fait inconcevable. Je me rappellequ’alors, pendant l’automne dernier, je rencontrai unjour M. Cousin sur le boulevard des Italiens, où il s’étaitarrêté devant une boutique d’estampes, pour admirer lestableaux d’Overbeck qui s’y trouvaient exposés. Leinonde était sorti de ses gonds, le tonnerre du canon deBeyrout soulevait, comme un tocsin, tout l’enthousiasmeguerrier de l’Orient et de l’Occident, les Pyramides

d’Egypte tremblaient, en deçà et au delà du Pihin on

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aiguisait les sabres,—et Victor Cousin, alors ministre deFrance, se tenait tranquillement devant la boutique d’es-tampes du boulevard des Italiens, admirant les paisibleset pieuses têtes de saints d’Overbeck, et il parlait avecravissement de l’excellence de l’art allemand et de lascience allemande, de noire profondeur d’âme et d’es-prit, de notre amour de la justice et de notre humanité.« Mais au nom du ciel ! » dit-il soudain, en s’interrompant