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Lutèce : lettres sur la vie politique, artistique et sociale de la France
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meilleure santé, et puisse-t-il lui-même noublier jamaisque la trame de ses jours est extrêmement flasque, etque les ciseaux de la Parque en sont dautant plus tran-chants ! Puisse-t-il noublier jamais quels hauts intérêtsse rattachent à sa propre conservation ! Que deviendrasa gloire si lui-même, lillustre maestro, avait le mal-heur ( malheur dont le ciel nous préserve encore long-temps) dêtre arraché subitement par la mort au théâ-tre de ses triomphes? Sa famille la continuera-t-elle,cette gloire dont senorgueillit le peuple allemand en.néral et M. Maurice Schlesinger en particulier? A coupsûr, les moyens matériels ne feraient pas défaut à la fa-mille de Meyerbeer, mais peut-être les moyens intel-lectuels. Lui seul, le grand Giacomo, le directeur géné-ral de toutes les institutions musicales de sa majesté leroi de Prusse, et en même temps le maître de chapellede la gloire meyerbeerienne, lui seul peut diriger lim-mense orchestre de cette gloire - ah! cest plaisir àvoir avec quelle puissance il dirige cet énorme orches-tre il na quà faire un signe de la tête, et tous lestrombones des grands journaux entonnent unisonoleurs fanfares applaudissantes; il na quà cligner delœil, et tous les violons laudatifs se mettent à chanter;il na quà froncer légèrement le côté gauche de son nez,et tous les flageolets des feuilletons sévertuent à flûterdu plus doux ton de flatterie. Dans cet orchestre, ily a aussi dinouïs instruments à vent antédiluviens, destrompettes de Jéricho et des harpes éoliennes non en-