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Lutèce : lettres sur la vie politique, artistique et sociale de la France
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i9-i ŒUVRES DE HENRI HEINE.

râble maestro ne le désirait sans doute. Est-ce vrai queMeyerbeer ne voulait pas produire son nouvel opéra encas qu'on n’engageât pas mademoiselle Lœwe? A-t-ilréellement soumis l’accomplissement des désirs du pu-blic à une condition si futile? Meyerbeer possède-t-il cetexcès de modestie de s’imaginer que la réussite de sonnouvel ouvrage dépend de l’organe plus ou moins sou-ple d’une prima donna?

Les nombreux admirateurs de l’admirable maestrovoient avec regret que l’illustre compositeur se donne àchaque nouvelle production de son génie une peine ex-cessive pour en assurer le succès, et qu’il prodigue danscette besogne ses meilleures forces aux plus minces dé-tails. Sa constitution faible et délicate doit en souffrir.Ses nerfs se trouvent dans un état continuel de surex-citation, et avec sa maladie chronique du bas-ventre ilest souvent atteint de la cholérine régnante. Le miel spi-rituel qui dégoutte de ses chefs-d’œuvre musicaux et quinous rafraîchit l’âme, coûte au maître lui-même les plusterribles souffrances corporelles. Lorsque j’eus la der-nière fois l’honneur de le voir, je fus effrayé de sa minevraiment misérable. A son aspect, je me rappelai ledieu de la diarrhée dans la légende tarlare, où l’on ra-conte d’une façon à la fois drôle et épouvantable, quece vilain démon, ce véritable cacadérnon, acheta un jourà la foire de Kasan six mille pots pour son propre usage,de sorte que le potier s’en trouva enrichi tout d’un coup.Puisse le ciel accorder à notre illustre maestro une

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