core découvertes, les instruments a cordes de l’avenir,dont l’emploi dénote le plus prodigieux talent d’instru-mentation. — Oui, aucun compositeur ne s’est encoreentendu, à un degré aussi élevé que notre Meyerbeer, àl’art de l’instrumentation, c’est-à-dire l’art d’employertoute sorte d’hommes comme instruments. Il sait se ser-vir des plus grands et des plus petits, et comme par en-chantement, au moyen de leur action simultanée, ilproduit un accord presque fabuleux dans l’approbationpublique. Voilà ce qu’aucun autre musicien n’a jamaissu faire. Tandis que les meilleurs opéras de Mozart etde Rossini échouèrent à la première représentation, etque des années s’écoulèrent avant qu’ils ne fussent vé-ritablement appréciés, les chefs-d’œuvre de notre ingé-nieux Meyerbeer enlèvent dès la première représentationtous les suffrages, et déjà le lendemain tous les jour-naux font chorus d’enthousiasme et publient des pané-gyriques en l’honneur.du grand maestro. Tel est le ré-résultat opéré par le concours harmonieux des instru-ments; pour la mélodie, Meyerbeer doit céder la palmeaux deux maîtres Mozart et Rossini; mais il les sur-passe, comme je viens de le dire, par l’instrumentation.Dieu sait qu’il se sert souvent des instruments les plusabjects, les plus ignobles, les plus puants ; mais justementavec cette sorte il produit les plus grands effets sur lagrande masse du public, qui l’admire, l’adore, le vénèreet même l’estime.— Qui peut prouver le contraire? Lescouronnes de laurier lui arrivent de toutes parts, il
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Lutèce : lettres sur la vie politique, artistique et sociale de la France
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