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Lutèce : lettres sur la vie politique, artistique et sociale de la France
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reurs judiciaires, mais qui était un représentant de laFrance ; là, nous rencontrons l’étourderie des cris decolère et d’alarme poussés au moment que le traité deLondres fut divulgué et la France offensée, et puis l’ac-tivité réfléchie de l’armement général, et cette résolu-tion colossale de la fortification de Paris. Oui, c’estThiers qui commença cette dernière, et qui depuiscette époque, conquit encore dans la Chambre la loidéfinitive en faveur de cette entreprise. Jamais il neparla avec une plus grande éloquence, jamais.il ne rem-porta avec une tactique plus habile une victoire parle-mentaire. C’était une bataille, et dans le derniermoment l’issue de la mêlée fut très-douteuse; mais,avec son regard perçant de grand capitaine, le généralThiers découvrit vite le danger qui menaçait la loi, etun amendement improvisé décida l’affaire. C’est à luique revient l’honneur de la journée.

Un assez grand nombre de personnes attribuèrent àdes motifs d’égoïsme le zèle que Thiers déploya pour leprojet de loi. Mais en réalité le patriotisme prédominaiten lui, et je le répète, M. Thiers est imbu de ce senti-ment. Il est tout à fait l’homme de la nationalité, maisnon de la Révolution, dont il recherche volontiers lamaternité. A la vérité, la filiation est réelle, il est le filsde la Révolution, mais on ne doit pas en inférer qu’iléprouve de fortes sympathies pour sa mère. M. Thiersaime avant tout sa patrie, et je crois qu’il sacrifierait àcette affection tous les intérêts maternels. 11 a sans doute