LUTÈCE.
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coup d’honnêtes gens, parmi les républicains, ont pucroire un instant à leur authenticité. Mais ces gens sonttoujours les dupes des légitimistes, qui forgent les armesdont les premiers se servent pour attenter à la vie ou àla réputation du roi. Le républicain est toujours prêt àrisquer sa vie dans une coupable entreprise; mais iln’est que l’instrument aveugle des inventions de cer-taines personnes qui pensent et calculent pour lui : onpeut, dans le vrai sens du mot, dire des républicainsqu’ils n'ont pas inventé la poudre avec laquelle ilstirent sur le roi.
Oui, quiconque en France possède et comprend lesentiment national, exerce un charme irrésistible surles masses, et peut les conduire et les pousser à son gré,leur soutirer leur dernier sou ou la dernière goutte deleur sang. C’était là le secret de Napoléon, et son histo-rien Thiers l’a appris de lui, appris avec le cœur, nonavec la simple raison ; car le sentiment seul comprendle sentiment. Thiers est véritablement pénétré du sen-timent national français, et quand on sait cela, on com-prend toute sa force et son impuissance, ses erreurs etses avantages, sa grandeur et sa petitesse, ainsi que sestitres à une immortalité d’une plus ou moins longuedurée. Ce sentiment national explique tous les actes deson ministère : là, nous rencontrons la translation descendres impériales, la glorieuse apothéose de l’hé-roïsme, à côté de la pitoyable justification de cepitoyable consul de Damas qui prêta la main à des hor-