LUTECF..
159
Los désirs belliqueux qui, depuis les temps des Gau-lois, brûlaient et bouillonnaient impétueusement aucœur des Français, se sont à la longue passablementéteints, et combien peu la furor francese militaire do-mine maintenant chez eux, c’est ce qui se révéla auxobsèques de l’empereur Napoléon Bonaparte. Je ne puisme déclarer d’accord avec les correspondants de jour-naux de mon pays, qui ne virent dans le spectacle de cesfunérailles merveilleuses que de la pompe et de l’osten-tation. Ils n’avaient pas d’yeux pour les sentiments quitirent tressaillir, jusque dans ses profondeurs, le peuplefrançais. Mais ces sentiments n’étaient pas ceux de l’am-bition et de l’orgueil soldatesques, l’empereur victorieuxn’était pas accompagné de ces jubilations de prétoriens,de cette bruyante frénésie de gloire et de pillage, dontl’Allemagne garde bonne souvenance, en pensant auxjours de l’Empire. Les anciens conquérants ont depuisdisparu de la scène de la vie, et ce fut une générationtoute nouvelle qui assistait aux funérailles de l’empe-reur. Elle était saisie, non pas d’une colère bouillante,ruais bien plutôt d’une tendre et triste piété filiale, encontemplant ce catafalque doré, où gisaient enseveliestoutes les joies et les souffrances, toutes les glorieuseserreurs et les espérances flétries de leurs pères, pourainsi dire l’âme de l’ancienne France. Là, il y eut plus delarmes muettes que de cris éclatants. Et puis, toutel'apparition était si fabuleuse, si féerique, qu’on encroyait à peine ses yeux, qu’on s’imaginait rêver. Car