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ŒUVRES PE HENRI HEINE.
lenir sur vos propros pieds si la France succombe, ceseul appui que vous ayez sur terre !
Mais n’attise-t-on pas aussi d’en haut les étincelles dela discorde? Je ne le pense pas, et il me semble que lesimbroglios diplomatiques sont plutôt le résultat de lamaladresse que d’une mauvaise volonté. Mais qui veutdonc la guerre? L’Angleterre et la Russie pourraient, jdès à présent, se déclarer satisfaites ; — elles ont déjàgagné assez d’avantages en pêchant en eau trouble. Pour !
l’Allemagne et la France, la guerre est aussi superflueque périlleuse; — les Français, il est vrai, aimeraient àposséder la frontière du Rhin, mais seulement parcequ’ils sont sans elle trop peu à l’abri d’une invasion, et jles Allemands n’ont pas à craindre de perdre cette fron- i’tière tant qu’ils ne rompront pas eux-mêmes la paix. Nile peuple allemand ni le peuple français ne demande la iguerre. Je n’ai sans doute pas besoin de prouver que les 'rodomontades de nos don Quichotte du rétablissement !de l’empire germanique, qui revendiquent à grand ren- |fort de clameurs l’Alsace et la Lorraine, ne sont pas l’ex-pression du paysan et du bourgeois allemands. Mais jaussi le bourgeois et le paysan français, le noyau et lamasse de la grande nation, ne demandent pas la guerre,vu que la bourgeoisie ne tend qu’aux exploitations in-dustrielles, aux conquêtes de la paix, et que le campa-gnard se souvient encore très-bien à quel prix, à quel !prix sanglant, lui reviennent les triomphes de la vaniténationale.