des prolétaires ne serait que de courte durée et un mal-heur pour l’humanité, parce qu’en proie à une passionaveugle pour l’égalité ils détruiraient tout ce qui estbeau et sublime sur cette terre, et exerceraient surtoutcontre l’art et les sciences leurs fureurs iconoclastes.
XX VIII
Paris, t) janvier 4841.
Il se répand de plus en plus parmi les Français l’opi-nion que les trompettes de Bellone noieront ce prin-temps, dans leurs fanfares éclatantes, le tendre chantdes rossignols, et que les pauvres violettes, écraséessous le sabot des chevaux, exhaleront tristement leurparfum au milieu des fumées de la poudre. Je ne puisnullement me ranger au même avis, et les plus doucesespérances de paix nichent constamment dans moncœur. Toutefois, il est possible que les corbeaux demauvais augure aient raison ; les canons sont chargés,et il ne faut qu’une mèche imprudente, qui s’en appro-'che trop, pour faire éclater une catastrophe. Mais sii nous surmontons ce danger, et que même l’été brûlantse passe sans orage, alors je crois que l’Europe est pourlongtemps à l’abri des tourmentes de la guerre, et quenous pourrons nous tenir assurés d’une paix prolongéeet durable. Les embarras venus d’en haut seront alorsaussi là-haut démêlés tranquillement, et la basse cm