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Lutèce : lettres sur la vie politique, artistique et sociale de la France
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par les amis de labsolutisme et de la hiérarchie. Je nesais quel était le nombre des gardes nationaux qui pro-férèrent aux obsèques impériales les cris : à bas Guizot!mais je sais que la garde nationale, si elle comprenaitses propres intérêts, ferait acte de bon sens aussi bienque de gratitude, en protestant publiquement contre cesmanifestations malencontreuses. Car la garde nationalenest, après tout, que la bourgeoisie armée; et justementcelle-ci, menacée dans son existence politique à la foispar le parti intrigant de lancien régime et par les prédi-cants dune république à la Babœuf, a trouvé en Guizotson défenseur naturel, qui la protège en même tempscontre ses ennemis den haut et den bas. Guizot najamais voulu autre chose que la domination de cesclasses moyennes, que par leur culture intellectuelle etleurs moyens matériels il croyait propres à diriger et àgarantir les affaires de lÉtat. Je suis convaincu que siGuizot avait trouvé dans laristocratie française encoreun élément de vie qui leût rendue capable de gouvernerla France pour le bien du peuple et de lhumanité, Gui-zot serait devenu son champion le plus zélé et le plusdésintéressé; je suis de la même manière convaincuquil combattrait pour le règne des prolétaires, avecune droiture plus sévère que M. de Lamennais et sesacolytes, sil jugeait les basses classes assez mûres sousle rapport de léducation et des lumières pour manierles rênes de l'État. Dailleurs il connaît trop bien lhis-toire pour no pas prévoir «pie le triomphe prématuré