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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
XXIII
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£e maréchal Soult, l’homme de l’épée, prend soin dela tranquillité intérieure de la France, et c’est sa tâcheexclusive. Pendant ce temps, la tranquillité extérieureest l’affaire de Louis-Philippe, de ce roi de la prudence,qui, avec des mains patientes et non avec l’épée, chercheà délier le nœud gordien des embrouillements de la di-plomatie. Y réussira-t-il? Nous le souhaitons, dans l’in-térêt des princes et des peuples de l’Europe. Ces der-niers ne peuvent gagner à une guerre que la mort et lamisère. Les premiers, les princes, dans le cas le plusfavorable, c’est-à-dire par une victoire sur la France,rendraient véritables les dangers qui n’existent peut-être à présent qu’à l’état d’appréhensions dans l’imagi-nation de quelques hommes d’État. Le grand boulever-sement qui s’est opéré en France depuis cinquante ansest sinon terminé, du moins enrayé, pour aussi longtempsque la terrible roue ne sera pas remise en mouvementpar quelque moteur du dehors. Les craintes d’uneguerre avec la nouvelle coalition mettent en péril non-seulement le trône du roi, mais le règne de la bour-geoisie que Louis-Philippe représente de droit, en toutcas de fait. C’est la bourgeoisie, non pas le peuple, quia commencé la révolution de 1789 et a achevé celle-ci