et les fortifications, se monte déjà à plus de quatrecents millions, et dans quelques mois six cent mille sol-dats se trouveront sur pied. De plus formidables prépa-ratifs de guerre étaient encore projetés, et voilà la raisonpour laquelle le roi, avant la réunion des chambres ,devait à tout prix se débarrasser de son ministre trop bel-liqueux , de cet armateur malencontreux, de ce chef detous les tambours (je m’abstiens du mot tambour-majorpour des raisons que vous devinez), il devait se défaire,dis-je, de ce chef de tous les tambours qui battait leréveil de la guerre d’une façon aussi étourdie qu’étour-dissante. Quelques têtes bornées de la chambre desdéputés crieront maintenant, il est vrai, sur des dé-penses inutiles, ne réfléchissant pas que ce sont juste-ment ces préparatifs de guerre qui nous ont peut-êtreconservé la paix. Une épée tient l’autre dans le fourreau.La grande question : si la France a été offensée ounon par les procédés qui accompagnèrent le traité deLondres , sera maintenant débattue dans la chambre.Mais pour l’instant nous avons la paix, et au roi Louis-Philippe revient le mérite d’avoir fait preuve d’autantde courage pour la conservation de la paix que Napoléonen déploya dans la guerre. Oui, ne riez pas, il est leNapoléon de la paix !
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Lutèce : lettres sur la vie politique, artistique et sociale de la France
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