i32 ŒUVRES DE HENRI HEINE.
cesseur recherche plutôt les suffrages des régions plusélevées, des loges d’ambassadeurs.
Dans ce moment, nous ne refusons point notre com-passion à l’homme qui, dans les circonstances actuelles,fait son entrée à l’hôtel des Capucines ; il est bien plusà plaindre que celui qui quitte cette cage de torture. Ilest presque autant à plaindre que Louis-Philippe lui-même ; on tire sur le roi, on détracte le ministre. Com-bien de boue n’a-t-on pas jetée à Thiers pendant sonministère ! Aujourd’hui il s’établit de nouveau dans sapetite maison de la place Saint-George, et je lui conseillede prendre aussitôt un bain. Là, il se montrera encoreà ses amis dans sa grandeur sans tache, et comme il ya quatre ans, lorsqu’il abandonna le ministère de lamême manière soudaine, chacun reconnaîtra que sesmains sont restées pures, et que son cœur ne s’est pastaré non plus. Il est seulement devenu un peu plusgrave, quoique le véritable sérieux ne lui ait jamais faitdéfaut, et se soit seulement caché sous des allures lé-gères , comme chez Jules César et le cardinal de Retz.Quant à l’accusation de forfanterie qu’on mit le plussouvent en avant contre lui dans les derniers temps, illa réfute justement par sa sortie du ministère : juste-ment parce qu’il n’était pas un fanfaron, mais qu’il fîten réalité les plus grands armements pour la guerre, ilfut forcé de se retirer. Chacun comprend aujourd’huique son appel aux armes ne fut pas une jonglerie derodomont. La somme employée pour l’armée, la marine