ŒUVRES RE HENRI HEINE.
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les peuples, lors même qu’ils se battent par vanité,ou par égoïsme, ou par folie. Thiers a des propensionsimpérialistes, et comme je vous l’écrivis déjà à la fin dejuillet, la guerre fait la joie de son cœur. Dans ce mo-ment le parquet de son cabinet d’étude est tout couvertde cartes géographiques, et là il est étendu sur le ventre,occupé à ficher des épingles noires et vertes dans lepapier, tout comme fit Napoléon. Qu’il ait spéculé à laBourse, c’est une calomnie aussi infâme que ridicule;un homme ne peut obéir qu’à une seule passion, et unambitieux songe rarement à l’argent. Par sa familiaritéavec des chevaliers d’industrie sans convictions, Thierss’est lui-même attiré tous les bruits malicieux qui rongentsa bonne réputation. Ces gens, quand il leur tourne main-tenant le dos, le dénigrent encore plus que ses ennemispolitiques. Mais pourquoi entretenait-il un commerceavec une semblable canaille? Qui se couche avec deschiens, se lève avec des puces.
J’admire le courage du roi; avec chaque heure qu’iltarde de donner satisfaction au sentiment national froissé,s’accroît le danger qui menace le trône bien plus terri-blement que tous les canons des alliés. Demain, dit-on,seront publiées les ordonnances qui convoquent leschambres et déclarent la France en état de guerre. Hiersoir, a la Bourse de nuit chez Tortoni, on prétendait que1 amiral Lalande avait reçu l’ordre de se diriger en hâ!evers le détroit de Gibraltar, afin de défendre l’entrée dela Méditerranée à la flotte russe, en cas qu’elle voulût