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Lutèce : lettres sur la vie politique, artistique et sociale de la France
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jouer la Marseillaise, parce que ce morceau de musiquenest pas marqué sur laffiche. » Une voix dans leparterre répondit : « Monsieur, ce nest pas une raison,car vous nêtes pas non plus marqué sur laffiche. »Pour aujourdhui, le préfet de police a donné à tousles théâtres la permission de jouer lhymne de Marseille,et je ne regarde pas cette concession comme choseinsignifiante. Jy vois un symptôme auquel jajoute plusfoi quà toutes les déclamations guerrières des journauxministériels. Ces derniers soufflent en effet depuis quel-ques jours si fortement dans la trompette de Bellone,quon semblait regarder la guerre comme quelque chosed'inévitable. Les plus pacifiques étaient le ministre dela guerre et le ministre de la marine; le plus belli-queux était le ministre de linstruction publique,bravehomme qui depuis son administration sest conciliélestime même de ses ennemis, et qui déploie mainte-nant autant dactivité que denthousiasme, mais quine sait assurément pas aussi bien juger les forces mili-taires de la France que ses collègues de la marine etde la guerre. Tliiers les contrebalance tous, et il estréellement lhomme de la nationalité. Celle-ci est ungrand levier entre ses mains, et il a appris de Napoléonquavec ce moyen on peut agiter les Français encorebien plus puissamment quavec des idées. Malgré sonnationalisme, la France reste cependant le représentantde la révolution, et les Français ne combattent quepour cette dernière, pour cette cause commune de tous