ŒUVRES DF. HENRI 11E1NE
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XXI
Paris, 7 octobre t8S0
L'agitation des cœurs s’accroît de moment en mo-ment. Avec l’ardente impatience des Français, il estdifficile de comprendre comment ils peuvent tenir danscet état d’incertitude. Une décision , une décision à toutprix! Tel est le cri du peuple entier, qui croit son hon-neur offensé. Si cette offense est réelle ou imaginaire,je ne saurais en juger; la déclaration des Anglais etdes Russes, qu’ils n’ont pour dessein que d’assurer lapaix, ressemble à de l’ironie, au moment qu’à Bey-rout le tonnerre du canon soutient le contraire. Cequi provoque le plus d’exaspération, c’est qu’on a tiréà Beyrout, avec une prédilection particulière, sur lepavillon tricolore du consul français. Avant-hier soir,le parterre, au grand Opéra, demanda que l’orchestreentonnât la Marseillaise; comme un commissaire depolice s’opposa à cette demande, on se mit à chantersans accompagnement, mais avec une colère si.hale-tante , que les paroles restèrent à demi accrochées dansle gosier; c’étaient des accents inintelligibles. Ou bienles Français ont-ils oublié le texte de ce chant ef-froyable, et ne se rappellent-ils plus que le vieil air ? Lecommissaire de police, qui monta sur la scène pourfaire ses observations au public, bégaya avec forcerévérences ces mots : « Messieurs, l’orchestre ne peut