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môme, nous n’en avons vu que le commencement, etbeaucoup d’entre nous n’en verront pas le milieu ! LesFrançais seront dans une mauvaise position si la majo-rité des baïonnettes l’emporte ici. Mais ce n’est pas lefer qui tue, c’est la main, et celle-ci obéit au cœur.Il s’agit seulement do savoir combien de cœurs il y aurade chaque côté. Devant les bureaux de recrutement onfait queue aujourd’hui comme devant les théâtres quandon y donne une pièce marquante : une foule innombrablede jeunes gens se font enrôler comme volontaires. Lejardin et les arcades du Palais-Royal fourmillent d’ou-vriers qui se lisent les journaux d'une mine très-grave.Le sérieux qui dans ce moment se prononce presqueavec une parcimonie de paroles, est infiniment plusinquiétant que la colère bavarde d’il y a deux mois. Ondit que les chambres vont être convoquées, ce qui seraitpeut-être un nouveau malheur. Les corps délibérantsparalysent toute force d’action dans le gouvernement,à moins qu’elles n’exercent elles-mêmes toute la puis-sance gouvernementale, comme par exemple la Conven-tion de 92. A cette époque les Français étaient dansune situation pire qu’aujourd’hui, et cependant ils ensont sortis victorieux. Il ne faut pas l’oublier.