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ŒUVRES 1)E HENRI HEINE.
vieux chansonniers dont j’ai trouvé à acheter quelques-uns ; mais comme ils sont écrits dans des dialectes bre-tons, il faut que je me les fasse traduire en français,avant de pouvoir en communiquer quelque chose. Laseule romance que j’aie entendu chanter dans monvoyage, était un air de mon pays ; pendant que je mefaisais faire la barbe à Rennes, quelqu’un chevrotaitdans la rue la couronne virginale du Freischuts, enlangue allemande. Je n’ai pas vu le chanteur lui-même,mais ses paroles me résonnèrent pendant plusieursjours dans la mémoire. La France fourmille maintenantde mendiants allemands qui gagnent leur pain en chan-tant, et qui n’avancent pas beaucoup la gloire de lamusique allemande.
Je ne puis pas dire grand’chose des dispositions poli-tiques des habitants de la Bretagne, car les gens decette contrée ne se prononcent pas aussi facilement queles Normands; les passions sont là aussi silencieusesque profondes, et l’ami comme l’ennemi du gouverne-ment du jour couve ses projets avec une fureur taciturne.Comme au commencement de la Révolution, il y a encoreaujourd’hui en Bretagne les enthousiastes les plus ar-dents du grand mouvement national, et leur zèle estexcité par les terreurs dont les menace le parti opposé,au point de tourner en furie sanguinaire. C’est une er-reur de croire que les paysans en Bretagne, par amourpour l’ancienne domination de la noblesse, aient prisles armes à chaque appel des légitimistes. à.u contraire,