chez son sorcier, il a beau lui affirmer qu’il a assez d’unseul nœud, d’un vent favorable, qu’il ne lui faut pasun vent plus fort et surtout point un ouragan dangereux;toutes ses protestations n’y font rien, on ne veut abso-lument lui vendre le vent qu’en gros, il est forcé depayer pour les trois sortes, et malheur à lui si plustard, en pleine mer, il boit par hasard un peu trop d’eau-de-vie , et que dans l’ivresse il défasse les nœuds péril-leux ! —Les Français ne sont pas aussi insensés que lesLapons, quoiqu’ils puissent être assez légers pour dé-chaîner les tempêtes qui les entraîneraient immanqua-blement eux-mêmes dans l’abîme. Mais jusqu’à présentils en sont encore assez éloignés. Comme on me l’aassuré avec une mine assez piteuse, le ministère françaisne s’est pas montré bien désireux de faire des emplettesde vent, lorsque plusieurs marchands de cette drogue,prussiens et polonais (mais qui ne sont pas grandssorciers!) lui offrirent dernièrement leurs servicesmagiques.
XVIII
Paris, 21 septembre 1840.
Je suis revenu ces jours-ci d’une excursion à traversla Bretagne. C’est un pays pauvre et désert , et leshommes y sont imbéciles et malpropres. Pour les beauxchants populaires que je comptais y recueillir, je n’enentendis pas une note. Il n’en existe plus que dans de
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