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Lutèce : lettres sur la vie politique, artistique et sociale de la France
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LUTÈCE.

lia

sance maritime de l’Angleterre se verra dans quelquetemps surpassée par celle de la France. La première estrestée stationnaire depuis vingt ans, tandis que l’autreprogresse de la manière la plus active. J’ai déjà faitobserver dans une de mes dernières lettres, qu’à l’arsenalde Toulon la construction des vaisseaux de ligne estpoussée avec tant de zèle, qu’en cas de guerre la Francepourrait mettre en mer, dans le plus bref délai, à peuprès deux fois le nombre des bâtiments qu’elle possédaiten 181-4. Une feuille de Leipsick a contredit mon asser-tion d’un ton assez aigre ; je ne puis que hausser lesépaules à ce propos, car je n’ai pas puisé de pareillesindications dans les ouï-dire des gobe-mouches, maisdans des conversations avec des personnes compétentes.A Cherbourg, où je me trouvai il y a huit jours, et oùune formidable partie de la marine française se balancedans le port, on m’assura qu’il se trouvait également àBrest le nombre double des anciens bâtiments de guerre,à savoir quinze vaisseaux de ligne, des frégates et descorvettes, en partie construits et équipés complètement,en partie sur le point de l’être, et tous convenablementarmés de canons. Dans quatre semaines j’aurai l’occasionde faire personnellement leur connaissance. Jusque-là,je me contente de rapporter que, de même qu’ici, dansla basse Normandie, il règne aussi sur les côtes de laBretagne l’agitation la plus belliqueuse, et qu’on fait les

plus sérieux préparatifs pour la guerre.-

Ah, mou Dieu ! préscrve-nous do la guerre ! Je crains