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tous côtés je vis à cet effet amener une quantilé decanons remis à neuf et bien luisants, qui me souriaientd’un air très-amical; car ces intelligentes créaturespartagent mon antipathie contre les Anglais, et ellesl’énonceront sans doute d’une façon bien plus tonnanteet plus frappante. Je ferai remarquer en passant que lescanons des forts sur la côte française portent à unedistance plus grande d’un bon tiers que les canons desvaisseaux anglais, qui peuvent être d’un aussi fortcalibre, mais non de la même longueur.
Ici, dans la Normandie, les bruits de guerre ont raniméles sentiments et souvenirs nationaux, et en entendanthier, à l’hôtel de Saint-Valéry, discuter à table le pland’un débarquement en Angleterre, je ne trouvai la chosenullement risible : car à la même place Guillaume leConquérant s’était embarqué jadis, et ses camaradesd’alors étaient des Normands tout comme les bravesgens que j’entendais maintenant débattre une entreprisesemblable. Puisse la hautaine noblesse anglaise n’oublierjamais qu’il y a en Normandie des bourgeois et despaysans qui pourraient prouver par des documents irré-cusables leur proche parenté, leur consanguinité, avecles plus grandes maisons d’Angleterre, et qui n’auraientpas mal envie d’aller rendre visite à leurs cousins etcousines.
La noblesse anglaise est au fond la plus jeune detoutes en Europe, malgré certains noms sonores, quisont rarement un signé de haute extraction, mais la