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ŒUVRES DE HENRI HEINE.
avait compté sur une conjuration étendue, et que salongue station auprès de la colonne de Boulogne prou-vait assez l’existence d’un rendez-vous que la trahison oule hasard avait fait manquer. Deux tiers des nombreusesfamilles anglaises qui résident à Boulogne prirent lafuite, saisies d’une terreur panique, lorsqu’elles enten-dirent résonner dans la petite ville quelques dangereuxcoups de fusil, et qu’elles virent la guerre devant leurpropre porte. Ces fuyards, pour justifier leurs angoisses,apportèrent les bruits les plus épouvantables sur la côteanglaise, et les rochers de craie de l’Angleterre de-vinrent encore plus blêmes d’effroi. Par suite de cesrumeurs, les Anglais qui habitent la Normandie sontrappelés maintenant par leurs familles dans cette îlefortunée qui sera encore longtemps à l’abri des dévas-tations de la guerre — du moins aussi longtemps queles Français n’auront pas équipé un nombre suffisant debateaux à vapeur pour pouvoir opérer une descente enAngleterre.
A Boulogne, une telle flotte de bateaux à vapeurserait défendue jusqu’au jour du départ par d’innom-brables petits forts. Ces forts qui garnissent tout lerivage des départements du Nord et de la Manche, sontconstruits sur des falaises qui, s’élevant au-dessus dela mer, ont l’air de vaisseaux de guerre reposant àl’ancre. Durant la longue époque de paix, cette flottilleen pierre est devenue un peu délabrée, mais on répareet arme maintenant ces forts avec un grand zèle. De